DIGITAL READY ET TEMPS RÉEL : LA BANQUE OPÈRE SA MUTATION À L’ÉCHELLE MONDIALE.

Le secteur bancaire est en pleine mutation. Pour se différencier, les banques doivent s’adapter à un écosystème de plus en plus complexe basé sur le temps réel et le digital. Le client final, au centre de ces nouvelles réflexions, souhaite aujourd’hui accéder aux services financiers de façon instantanée. Après avoir conçu des systèmes d’information performants et industrialisé leur core banking, les banques doivent désormais s’orienter vers un système bancaire ouvert, capable d’intégrer la notion de temps réel dans toutes les étapes de la chaîne de traitement.

De fait, les banques prennent conscience du rôle déterminant de la technologie dans leur transformation. Le système d’information n’est plus une simple addition de modules métiers fermés. Il est au cœur de la création de nouveaux services à valeur ajoutée pour le client final. Il devient un système agile et réactif, capable d’évoluer dans un environnement incertain, et dans lequel les briques technologiques, digitales et sécuritaires communiquent pour offrir des services innovants aux clients. On parle de systèmes « digital ready » – des systèmes qui, pour être performants, doivent être ouverts de façon à amener un aspect technologique et permettre de nouveaux usages. Outre l’aspect technologique, les banques sont en effet confrontées à un environnement régi par les régulateurs, les besoins et usages clients, ou encore les concurrents fintech.

Cette disruption forte concerne les banques de toute taille, quelle que soit leur implantation géographique : chaque pays se saisit du sujet selon sa maturité, en fonction des usages et des infrastructures qui sont les siens.

Le temps réel lui-même amène de nouveaux usages. En Europe, par exemple, les clients demandent désormais à concrétiser l’achat d’une voiture à un particulier le dimanche. Dans la zone euro, le temps réel se traduit entre autres par une concurrence nouvelle et une sécurisation accrue des services de paiement (directive PSD2). Pendant ce temps, l’Asie (pionnière avec l’Afrique) propose des solutions incroyables comme WeChat : cette application d’appels et de messagerie permet également de commander à manger, de payer un taxi, un achat en boutique, une facture, ou de rembourser de l’argent à un ami à partir d’un mobile. L’appli compte plus de 800 millions de membres. Dans les pays africains, les usages sont influencés par les spécificités du marché et de la culture (inclusion financière, explosion du marché du mobile, problématiques liées aux régions reculées).

L’INTÉRÊT DU TEMPS RÉEL EN AFRIQUE

Contrairement à l’Europe, le temps réel est en Afrique un levier pour favoriser l’accès d’un grand nombre de personnes aux services financiers. Il permet en effet de gagner la confiance des individus non-bancarisés. Comment ? En leur donnant accès à un panel de services et d’opérations (en temps réel) sur mobile pour profiter d’une expérience client facilitant la vérification de leur bon déroulement. L’inclusion financière en Afrique est un enjeu important et les banques ont un rôle majeur à y jouer. C’est un paradoxe intéressant et propre à ce continent qui a connu une digitalisation rapide (sans commune mesure avec l’Europe), où près de 80% de la population possède un mobile, mais où l’inclusion bancaire reste faible (une famille africaine sur cinq détient un compte dans une banque classique, 10% de la population possède une carte bancaire).
La difficulté ? Trouver d’autres vecteurs de confiance que les moyens humains (agences bancaires, conseillers) ou physiques (distributeurs de billets) qui se font trop rares hors des capitales africaines.

À titre d’exemple, les banques locales ont la possibilité de développer des services financiers simples susceptibles de lever les doutes des utilisateurs face à l’institution. Elles peuvent fournir aux nouveaux usagers des services concrets qui constitueront une première étape vers la bancarisation (comme le transfert d’argent sécurisé de personne à personne via un mobile). L’important est de démontrer aux clients qu’ils peuvent avoir confiance en l’institution bancaire (et en son système d’information) via une offre répondant concrètement à leurs besoins.

Un autre exemple très courant est la demande de crédit. En Afrique, les microcrédits sont essentiellement utilisés suite à un décès ou pour régler des frais d’hôpitaux. Le facteur déterminant pour une personne qui souhaite un crédit n’est donc pas le taux d’intérêt, mais la capacité de l’institution à lui fournir rapidement une réponse positive. Dans le cas des crédits sous forme de scoring, une institution financière doit être capable de savoir dans 90% des cas si elle peut oui ou non prêter au client. La réponse doit être la plus instantanée possible. Pour proposer ce service, il faut disposer de solutions digitales qui répondent aux besoins de mobilité. Il faut également un système d’information (core banking ou back office) capable de prendre des décisions en temps réel basées sur un système de scoring performant.

Sur le continent africain, enfin, les banques doivent gérer l’arrivée de nouveaux entrants, tels les opérateurs télécom. Ces derniers bénéficient d’infrastructures et de solutions qui leur permettent, en partie, de proposer des solutions financières reposant sur le temps réel.

Les banques sur place sont donc confrontées à un triple enjeu : évoluer pour être digital ready et répondre au temps réel, établir une relation de confiance avec les utilisateurs finaux, et faire face à la concurrence des nouveaux entrants équipés de systèmes d’information et de réseaux de distribution.

VERS UNE TRANSFORMATION DU CORE BANKING

Avec le temps réel, les banques sont tenues de changer la manière dont elles pensent leur système bancaire, et ce quelle que soit la zone géographique qu’elles souhaitent desservir. Au-delà d’un système d’information permettant ce type d’usage, les banques qui veulent y répondre doivent avoir toute leur chaîne de valeur en mode de fonctionnement temps réel. Toutes les étapes de la chaîne de traitement doivent être réalisées instantanément, de l’opération financière aux contrôles (lutte anti-blanchiment, plafonds/limites, etc.), en passant par la tenue de position.

Les banques n’ont pas toutes la même vision de cette évolution majeure. Certaines l’ont acceptée rapidement ; d’autres la subissent encore. Les meilleures sont celles qui la considèrent comme une opportunité – une opportunité d’innover et un moyen de prendre à terme des parts de marché.

Quelle que soit la zone géographique considérée, le secteur bancaire va devoir s’équiper d’une solution en temps réel de bout en bout. Il s’agit d’une lame de fond mondiale, dictée par les utilisateurs finaux. C’est une transformation lourde et un vrai bouleversement pour les banques qui veulent fournir de telles solutions. Le digital ne peut faire l’objet de compétition que si un core banking industriel temps réel et “digital ready” est en place. Il ne suffit pas qu’un seul maillon de la chaîne soit en temps réel. C’est l’ensemble du système bancaire qui doit être instantané.

David Lejolivet, Directeur de l’offre Sopra Banking Amplitude
Stéphane Berger, Directeur de l’Innovation et du digital

Consulter l’infographie ici.

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