Démission surprise du numéro 2 de la Banque centrale américaine !

Le vice-président de la Banque centrale américaine (Fed), Stanley Fischer, a annoncé sa démission mercredi, une décision inattendue qui va offrir à Donald Trump l’opportunité de choisir prochainement les principaux responsables de l’institution.

« Je vous écris pour vous informer que pour des raisons personnelles, j’ai l’intention de démissionner du conseil des gouverneurs de la Banque centrale le ou autour du 13 octobre 2017 », écrit-il dans une lettre au président américain rendue publique mercredi. Fischer, 73 ans, siégeait au comité des gouverneurs de la Fed depuis mai 2014. Son mandat courait en principe jusqu’en janvier 2020 et celui de vice-président jusqu’en juin 2018.

Auparavant, il avait notamment occupé le poste de gouverneur de la banque centrale d’Israël de 2005 à 2013.

Bien que cette démission soit inattendue, Stanley Fischer avait pris ses distances ces derniers mois avec l’administration Trump, critiquant en particulier ses tentatives d’abandonner les réformes consécutives à la crise financière de 2008.

Le 17 août, il avait même jugé « extrêmement dangereuse » la volonté de « revenir à un statu quo d’avant la grande crise financière » dans un entretien au Financial Times. Il dénonçait alors en particulier les plaidoyers pour alléger la réglementation concernant les tests de résistance sur les grandes banques imposés depuis 2010 pour mesurer leur capacité à faire face à une éventuelle crise.

En juin, l’administration Trump a publié une feuille de route pour simplifier la réglementation financière aux Etats-Unis, qui propose notamment un allègement de ces tests.

« Tirant les leçons de la récente crise financière, nous avons construit sur les (fondations des) premières mesures visant à renforcer le système financier et à être mieux à même d’apporter le crédit vital à la prospérité des ménages et des entreprises du pays », a fait valoir M. Fischer, soulignant également que « pendant les années passées au sein du conseil des gouverneurs, l’économie avait continué de se renforcer ».

 – Gary Cohn? –

Cette démission est une occasion pour Donald Trump de choisir les deux principaux responsables de la Fed dans les prochains mois, le mandat de la présidente expirant, lui, début février.

Démocrate et première femme à diriger la puissante banque centrale, Janet Yellen, 70 ans, s’était elle aussi récemment livrée à un plaidoyer pour la défense de la régulation financière post-crise.

La démission de Stanley Fischer pourrait donc être perçue comme le signal de son prochain départ.

« Nous ne nous attendons pas à ce que la présidente Yellen fasse un autre mandat », ont commenté les économistes de Barclays. « Et la démission de Fischer augmente aujourd’hui le nombre de postes vacants au conseil des gouverneurs, donnant au président et à son administration une plus grande marge de manoeuvre pour façonner à leur image la politique monétaire », ont-ils ajouté.

En juillet, des médias américains affirmaient eux que Gary Cohn, 56 ans, l’ancien numéro 2 de la banque d’affaires Goldman Sachs et surtout principal conseiller économique du président Trump, était le favori de la Maison Blanche.

C’était toutefois avant les violences racistes de Charlottesville. « Cette administration peut et doit mieux faire pour condamner de manière constante et sans équivoque ces groupes (suprémacistes blancs, néo-nazis et KKK) et faire tout ce que nous pouvons pour apaiser les divisions qui existent au sein de nos communautés », avait déclaré l’intéressé le 25 août au Financial Times, critiquant implicitement les déclarations de Donald Trump.

Le Wall Street Journal affirmait mercredi que le président américain ne nommerait vraisemblablement pas M. Cohn à la tête de la Fed en raison de ces déclarations.

Pour l’heure, « d’ici février, le président Trump aura la possibilité de remplacer cinq des sept gouverneurs de la Fed », observe Chris Low, de FTN Financial.

Car deux autres sièges au sein du conseil des gouverneurs, également vacants, doivent être pourvus tandis que la nomination de Randal Quarles, annoncée en juillet, pour celui spécialement chargé de la régulation financière doit encore être confirmée par le Sénat.

Structure à la fois publique et privée, la Fed est dirigée par un Conseil de gouverneurs. Son Comité monétaire, qui décide de l’évolution des taux, est composée de sept gouverneurs et 12 présidents de région qui votent à tour de rôle. Les sept gouverneurs sont nommés par la Maison Blanche pour 14 ans avec aval du Sénat.

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