Les start-ups permettant de créer du lien entre salariés décidées à s’imposer …

Avec des sites et des applications encourageant les salariés à communiquer et à passer du temps ensemble, une ribambelle de start-ups proposent de nouveaux outils pour créer du lien en entreprise.

« Il y a encore peu d’entreprises qui ont véritablement pris conscience du rôle très important (sur le plan) économique et social » du lien, explique à l’AFP Sacha Genot, délégué général du collectif Performance et qualité de vie au travail, qui cherche à favoriser l’échange entre les cadres dirigeants.

Devenu « une nécessité », le sujet est toutefois en train d’émerger. Pour animer les équipes au quotidien, la palette d’outils des ressources humaines s’est ainsi enrichie de nouvelles solutions proposées par des start-ups.

Après une expérience professionnelle au sein d’une grande entreprise, Marie Schneegans a par exemple créé en 2015 Never Eat Alone (ne mangez jamais seul), une application permettant aux salariés d’organiser des déjeuners, sans forcément se connaître.

« Il existait beaucoup de réseaux sociaux (d’entreprises) mais pas de service de mise en relation en direct », a-t-elle expliqué à l’AFP. « On s’est focalisé sur les grands groupes, là où il y a le plus de silos (séparation entre les services, ndlr), là où on a ressenti le besoin ». Désormais valorisée 16,3 millions d’euros, la jeune pousse avait levé 1,3 million d’euros auprès d’Elior l’an dernier. Son service, qui a déjà convaincu

70 grandes entreprises, dont « la moitié du CAC 40 », sera proposé en septembre au sein de Workwell, une application inédite centralisant tous les services de bureaux (informations sur la cantine, petites annonces etc.).

Positionnée sur un créneau similaire, OuiSpoon souhaite privilégier l’autofinancement. La start-up créée mi-2016 a convaincu SoftBank Robotics Europe, EDF et Generali, des « clients vitrines », avec son interface permettant d’organiser des activités (déjeuners, sorties). Disponibles sur abonnement à un prix établi selon la taille de la société cliente, ces outils doivent notamment permettre une meilleure intégration des nouveaux arrivants et une fluidification de la communication entre les différents départements des entreprises.

« La limite de ces prestations, c’est que ça suppose que les gens aient le temps de pouvoir les utiliser », relève toutefois M. Genot.

– Un créneau porteur –

D’autres jeunes pousses se sont concentrées sur les loisirs. A l’instar de We Hobby, plateforme permettant aux entreprises de planifier et de subventionner des activités à l’aide de son réseaux de partenaires, en fonction des intérêts des collaborateurs.

Créée en 2014, Sport Heroes, qui cherchait initialement à favoriser la pratique sportive du grand public, a également suscité l’intérêt des entreprises.

Face à la demande, la start-up a développé une offre spécifique. Le site récupère les données des entraînements des utilisateurs, permettant ainsi d’organiser des championnats internes entre les collaborateurs les plus actifs. « Ca coûte moins d’un euro par mois par salarié et ça a un bénéfice qu’on espère direct sur le bien-être, la productivité, la fidélité des gens qui travaillent dans l’entreprise », avance auprès de l’AFP Boris Pourreau, fondateur de la jeune pousse, à l’équilibre « depuis cette année », avec une centaine de sociétés clientes, pour un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros.

Les groupes, qui concentrent leurs ressources et investissements sur leur coeur de métier, sont friands de ces outils clé en main, faciles à utiliser. « Ça permet de tester des choses, de mettre en place des choses moins lourdes, on est dans une époque où il faut faire des expérimentations », souligne Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines.

Elle reconnaît que ces services représentent de « nouvelles opportunités dans la gestion des ressources humaines, notamment vis-à-vis des collaborateurs « nomades » ainsi plus faciles à toucher. Mais, « tout dépend de ce qu’on en fait »: « il ne faut pas perdre de vue l’objectif global », qui est généralement de favoriser la collaboration pour gagner en agilité, souligne-t-elle.

Face à ce besoin, les start-ups ont flairé une place à prendre. Elles ne sont toutefois pas les seules à vouloir s’imposer sur le marché. Les géants de la technologie se montrent intéressés. Fin 2016, Microsoft a ainsi lancé Teams pour concurrencer le service de messagerie spécialisé Slack, tandis que Facebook a mis en place Workplace, une déclinaison de son réseau social à destination des entreprises.

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