Blockstream : Interview de l’équipe qui veut envoyer Bitcoin dans l’espace.

La semaine dernière, le magazine Bitcoin a couvert l’annonce de Blockstream Satellite, un nœud d’un nouveau genre qui vérifie les transactions Bitcoin en temps réel dans l’espace. Il couvre actuellement les deux tiers de la planète.

« Blockstream permet à encore plus de personnes sur la planète de participer à Bitcoin » a déclaré le cofondateur et chef de la direction de Blockstream, Adam Back. « Avec plus d’utilisateurs qui ont accès à la blockchain Bitcoin via Blockstream de manière entièrement gratuite, nous nous attendons à ce que la vitesse d’adoption de Bitcoin augmente et à ce que le réseau en sorte renforcé ».

Diffuser la blockchain Bitcoin sur toute la planète avait déjà été proposée par Jeff Garzik. Blockstream a repris cette idée en apportant quelques modifications puisque les satellites n’appartiennent pas directement à Blockstream. La société s’appuie sur des satellites commerciaux existants qui sont déjà en orbite. Elle utilise des logiciels open source – GNU Radio et FIBER – pour réduire les couts, tout en restant dans la philosophie Bitcoin.

L’annonce du Satellite Blockstream a eu un effet considérable dans les communautés liées aux cryptomonnaies et dans la communauté spatiale. Des doutes ont également été émis et des questions persistent. Bitcoin magazine a eu le privilège d’interviewer Adam Back et Chris Cook, le dirigeant de la section « Satellite » à Blockstream.

Vous utilisez essentiellement des satellites commerciaux qui sont déjà en orbite comme relais. Pourquoi cette approche est meilleur que de construire, lancer et exploiter ses propes satellites, surtout que maintenant avec les systèmes de lancement cubesat, les lancements coutent moins cher ?

Chris Cook : Bien qu’il y ait eu récemment de nombreuses réduction des couts grâce aux cubesats et autres satellites à orbite terrestre basse (LEO), il s’agit toujours d’une entreprise beaucoup plus couteuse si on la compare à l’exploitation de satellites existants. Comme les cubesats ne sont pas géosynchrones, ils sont toujours en train de se déplacer. Cela implique que vous avez besoin de plusieurs cubesats pour garantir une couverture mondiale complète.

De plus, les cubesats ont une durée de vie plutôt faible. Il suffit de quelques mois avant qu’ils ne quittent leur orbite. Vous devez donc les renouveler en permanence, ou les mettre dans une orbite plus lointaine ce qui augmente les couts.

Enfin, nous n’avons pas encore complétement écarté l’idée de lancer nos propres satellites. Cependant, la solution actuelle qui est d’exploiter des satellites commerciaux déjà en orbite nous semblait un excellent compromis pour le lancement du projet. Il nous permet de fournir ce service dans le monde entier, rapidement et tout en étant rentable.

déploiement-dun-cubesat

Mise en orbite d’un cubesat depuis la station spatiale internationale.

Si les satellites vous appartenaient, que pourriez-vous faire de plus ?

Chris Cook : un satellite dédié pourrait nous permettre d’exploiter un nœud directement depuis le satellite plutôt que de l’exploiter depuis une station au sol.

Avez-vous envisager que des gouvernements puisse faire pression sur vos partenaires commerciaux et les force à rompre les contrats qui vous lient ?

Adam Back : Parce-que Bitcoin est déjà largement utilisé et qu’on peut y accéder par de nombreux autres moyens, nous ne pensons pas que cette situation puisse arriver. Le réseau satellite offre seulement une redondance dans l’accès à bitcoin, et à peu de frais. Et quand bien même cela pourrait arriver, nous sommes en partenariats avec plusieurs entreprises : nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier.

Blockstream Satellite permet-il d’améliorer la confidentialité et l’anonymat des transactions bitcoins ?

Adam Back : Blockstream Satellite est ce que l’on appelle un récepteur passif. Il n’a de ce fait quasiment aucun impact sur le trafic Internet. Cela permet à votre ISP ou à des sociétés de surveillance d’analyser le réseau Bitcoin pour savoir ce qui se passe sur votre nœud. On remarque donc qu’à priori nous ne rendons pas le réseau confidentiel.

Cependant, nous permettons à tous les utilisateurs disposant d’internet à leur domicile de se connecter et d’installer leur wallet  via Tor. Pour les régions où l’internet haute vitesse est couteux ou indisponible, ils peuvent connecter des portefeuilles sur leurs smartphones via le WiFi ou meshnet à un nœud satellite et diffuser des transactions via des passerelles SMS telles que SMSPushTX, un système développé par Pavol Rusnak ou en utilisant un réseau bi-directionnel Ku ou une L-Band. Ces systèmes coutent peu cher. Le système le plus cher coute 10$ par mégaoctet, ce qui ramène la transaction à moins d’un penny US.

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :