La Suisse débloque les comptes de l’ex-chef de la banque de Moscou.

La Suisse a décidé de débloquer quelque 300 millions de francs (263 millions d’euros) appartenant à l’ex-banquier russe Andreï Borodine, accusé de détournement de fonds et d’escroquerie par Moscou.

Dans un communiqué, le ministère public de la Confédération (MPC) a en effet rejeté une demande d’entraide judiciaire et mis fin au gel des comptes bancaires de M. Borodine mis en place en 2014.

Andreï Borodine, 50 ans, est l’ancien patron de la Banque de Moscou. Visé par une enquête pour escroquerie, il a quitté la Russie en 2011 et vit depuis à Londres, où la Grande-Bretagne lui a accordé l’asile.

Dans le cadre d’une procédure d’entraide judiciaire à la demande de Moscou, la Suisse avait accepté de bloquer une vingtaine de comptes bancaires détenus par M. Borodine, pour un total de quelque 300 millions de francs suisses (263 millions d’euros), selon la radio suisse de langue allemande SRF.

Une porte-parole du MPC a confirmé ce chiffre.

« Au terme d’un examen ayant impliqué d’autres autorités partenaires nationales (…) et portant sur les garanties de procédures conférées par la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (CEDH), le MPC a statué en mai 2017 sur l’irrecevabilité de la demande d’entraide russe et libéré les valeurs patrimoniales séquestrées », a indiqué le MPC dans un communiqué.

Les autorités suisses ont considéré que M. Borodine ne serait pas assuré d’avoir un procès équitable en Russie.

« Des principes de base définis dans la Convention européenne des droits de l’Homme ne sont pas respectés », a déclaré à la radio SRF le porte-parole du MPC, André Marty.

Le MPC a tenu à souligner que « cette décision s’applique au seul cas particulier et non à la coopération générale entre le Parquet général de la Fédération de Russie et le MPC ».

La Russie ne collabore pas non plus sur toutes les affaires judiciaires avec la Suisse.

Récemment, le MPC a dû clore une procédure contre une ancienne ministre russe, Elena Skrynnik, proche du président Vladimir Poutine, dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent, en raison d’une « exécution incomplète de l’entraide judiciaire » de Moscou.

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