Lloyds Banking Group encore plombé par un scandale d’assurance-crédit.

 La banque britannique Lloyds Banking Group (LBG) a annoncé ce jeudi un recul de 11% de son bénéfice net au premier semestre, plombé par une lourde provision en lien avec un scandale de ventes forcées d’assurances-crédit.

Le bénéfice net a atteint 1,6 milliard de livres sur la période selon un communiqué, mais ce scandale, qui plombe les comptes du groupe de longue date, lui a coûté à lui tout seul plus d’un milliard de livres.

Le marché appréciait peu la nouvelle, le titre de la banque perdant 2,78% à 67,16 pence vers 13H10 GMT à la Bourse de Londres.

Comme la plupart des grandes banques britanniques, LBG est contrainte de passer depuis des années d’importantes charges dans ses comptes pour couvrir les dédommagements de clients et payer des amendes. LBG, très dépendante de la banque de détail, a été l’établissement qui a dû passer le plus de provisions, avec désormais autour de 18 milliards de livres au total ces dernières années, soit plus de la moitié du fardeau total des banques.

Les assurances PPI étaient destinées à soutenir les emprunteurs qui se retrouveraient dans l’incapacité de rembourser un prêt ou de faire face aux échéances liées à leur carte de crédit. Le coût de ce scandale augmente puisque davantage de plaignants que prévu se sont manifestés, à une moyenne actuelle de 9.000 par semaine, la date-limite pour se faire connaître étant août 2019, rappelle la société d’investissement Hargreaves Lansdown.

En dehors de ces éléments exceptionnels, le bénéfice opérationnel a progressé de 8% au cours du premier semestre, précise la banque, confirmant qu’elle est en meilleure santé après avoir dégagé en 2016 son bénéfice le plus élevé en dix ans. En outre, le gouvernement britannique, qui avait sauvé la banque de la faillite lors de la crise de 2008, a annoncé en mai s’être totalement désengagé de l’établissement.

La banque s’est par ailleurs lancée fin 2016 dans le rachat ambitieux de l’activité cartes de crédit au Royaume-Uni de l’américain Bank of America pour 1,9 milliard de livres. « Dans la foulée de notre transformation réussie pour devenir un établissement plus simple, moins risqué et centré sur la banque de détail et commerciale britannique, nous publions à nouveau des résultats solides », s’est félicité António Horta-Osório, directeur général du groupe, cité dans le communiqué.

La banque, recentrée sur le Royaume-Uni, reste toutefois dépendante de l’évolution de l’économie britannique qui ralentit depuis le début de l’année, notamment en raison de la poussée de l’inflation et des incertitudes liées au Brexit.

La Banque d’Angleterre (BoE) a de son côté pointé le niveau d’endettement inquiétant des ménages britanniques, ce qui peut faire craindre certaines difficultés à rembourser ces crédits, surtout si les taux d’intérêt remontent. « Même si nous entrons dans une période de faiblesse de l’économie, Lloyds l’aborde au moins en position de force », compte tenu de sa bonne santé financière, souligne toutefois Laith Khalaf, analyste chez Hargreaves Lansdown.

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