Fnac Darty, un groupe sexagenaire aux multiples transformations…

Avec le départ de la famille Pinault, son actionnaire de référence depuis plus de 20 ans, Fnac Darty tourne une nouvelle page de son histoire, déjà marquée par de multiples transformations, dont un certain nombre intervenues ces dernières années.

Depuis un an, l’entreprise a ainsi connu un doublement de taille à la suite de son mariage avec Darty, un changement total d’équipe dirigeante avec le départ d’Alexandre Bompard pour Carrefour, et enfin, ce mercredi, l’annonce de la vente par Artémis, holding de la famille Pinault, de ses 24,33% de participation au capital à Ceconomy, filiale du distributeur allemand Metro.

A la base, le groupe n’était qu’un modeste vendeur parisien de matériel photo, mais s’est peu à peu transformé en géant européen de la vente de produits culturels, mais aussi électroménager, électroniques et depuis l’avènement de sa place de marché, de sport ou même de bricolage. Aujourd’hui, Fnac Darty réalise un chiffre d’affaires annuel de 7,41 milliards d’euros et dispose d’un réseau de 689 magasins dans neuf pays, dont 479 en France.

La création de la Fnac remonte à 1954, lorsque deux militants trotskistes, Max Theret et André Essel, ouvrent un premier magasin dans un appartement parisien, dédié à la vente de matériel photo à bas prix. En 1961, ils étendent leur activité à la vente de disques, puis en 1974 de livres. Très vite, l’enseigne devient la « première librairie de France ».

En 1980, la Fnac entre en Bourse, avant de s’internationaliser un an plus tard, avec une première ouverture en Belgique. Devenu premier distributeur de produits culturels en France, l' »agitateur culturel » ne tarde pas à aiguiser les appétits des grands groupes. En 1985, la marque est ainsi rachetée par la GMF, puis en 1994 par le groupe PPR, qui devient son unique actionnaire en 1996. Parallèlement, le développement à l’international s’accélère en Espagne, puis en Italie, en Suisse, au Portugal, au Brésil.

– Lutter contre Amazon –

Mais l’arrivée d’internet à la fin des années 90 vient bouleverser la stratégie de la société et son modèle économique. Malgré le lancement en 1999 de fnac.com pour se positionner sur les ventes en ligne, les marchés traditionnels de l’enseigne, que sont le disque, la vidéo et le livre, sont grignotés par l’essor du numérique qui favorise la dématérialisation des biens et le téléchargement illégal.

Parallèlement, l’enseigne subit la concurrence croissante de l’e-commerce, notamment du géant américain Amazon. Confrontée au tassement de ses ventes, elle se voit contrainte en 2007 de mettre en place un premier plan de reclassement, suivi d’un plan d’économies de 35 millions d’euros en 2009. Elle se sépare de 400 collaborateurs et ferme la Fnac Musique à Paris Bastille, déclenchant plusieurs grèves.

En 2009, François-Henri Pinault annonce son intention de vendre la Fnac pour se recentrer sur le luxe.

En janvier 2011, Alexandre Bompard, est nommé à la tête de l’enseigne et engage un « plan de conquête » à cinq ans. Outre la réduction des coûts et l’ouverture de nouveaux points de vente dans les gares et les aéroports sous le modèle de la franchise, le PDG renouvèle l’offre du groupe en introduisant dans les rayons de nouveaux produits (petit électroménager, jeux et jouets, objets connectés) pour trouver de nouveaux relais de croissance face à un marché des biens culturels en berne.

Mais malgré une structure financière assainie et un coup d’arrêt à l’érosion des ventes, la Fnac peine encore à lutter contre Amazon, faute d’une taille suffisante. En 2014, le groupe annonce donc son intention de s’allier à Darty. L’opération semble quasiment bouclée lorsque Conforama manifeste à son tour la volonté de racheter l’enseigne au logo rouge. S’ensuit une bataille de surenchères entre les deux groupes, dont la Fnac sort finalement vainqueur, en mettant 1,16 milliards sur le tapis.

Depuis, le groupe poursuit sa métamorphose par petites touches: intégration de casiers de retrait Fnac.com dans certains Darty, inauguration fin juin d’un premier magasin sous la double enseigne Fnac Darty, incursion dans de nouveaux pays africains, cession du Brésil, etc.

  Des changements qui devraient se poursuivre voire s’intensifier avec l’arrivée de Metro au capital, de même que celle de Vivendi l’an dernier.

 

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