Focus : La Banque d’Angleterre, prise en étau, devrait laisser ses taux inchangés.

Par Alice DORE : Londres, 14 juin 2017 – La Banque d’Angleterre (BoE) devrait laisser ce jour son taux directeur inchangé, préférant rester attentiste, coincée entre un regain d’incertitudes politiques avant le début des négociations pour le Brexit et une forte accélération de l’inflation.

« C’est un casse-tête pour la Banque d’Angleterre (…), elle doit contrebalancer les risques liés à une inflation au-dessus de son niveau cible (de 2%) et ses effets sur les dépenses des ménages face aux risques d’étouffer la reprise à un moment crucial pour une économie britannique en proie aux incertitudes », a résumé Neil Wilson, analyste chez ETX Capital.

La banque centrale britannique doit dévoiler sa décision monétaire et les minutes (compte-rendu) de ses discussions à 11H00 GMT.

Les observateurs s’accordent à dire que la BoE va maintenir son taux directeur à 0,25%, un niveau historiquement bas auquel il est fixé depuis août, quand l’institution avait assoupli sa politique monétaire afin de contrer tout choc potentiel sur l’économie du Royaume-Uni de la décision six semaines auparavant des Britanniques de quitter l’Union européenne (UE).

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la BoE avait à cette occasion également relevé le montant total de son programme de rachats d’obligations d’État, débloquant 60 milliards de livres sur six mois pour le porter à 435 milliards de livres (environ 493 milliards d’euros au cours de mercredi), et lancé un programme de 10 milliards de livres de rachats d’obligations d’entreprises, prévu initialement sur 18 mois et épuisé fin avril. Le CPM ne devrait pas apporter non plus de modification à ces programmes.

– Numéro d’équilibriste –

« La Banque d’Angleterre va être loin de se satisfaire d’une accélération de l’inflation à 2,9% en mai mais il est quasiment certain que le CPM va continuer à la tolérer », a prévenu Howard Archer, économiste chez EY Item Club.

Et ce car « les arguments en faveur de la prudence ont été exacerbés par les risques sur l’économie que font peser les incertitudes politiques accrues » après la perte par le parti conservateur de la Première ministre Theresa May de sa majorité absolue alors que doivent débuter la semaine prochaine les négociations en vue du Brexit, a poursuivi M. Archer.

La tâche qui incombe à la BoE a été rendue encore plus ardue mercredi avec la publication certes d’un taux de chômage à 4,6% toujours au plus bas depuis 1975 et proche du niveau jugé de plein emploi par la BoE (4,5%), mais surtout d’un ralentissement inattendu de la croissance des salaires, une donnée qui risque de mettre encore plus à mal la consommation des ménages.

Pour l’écrasante majorité des observateurs, la BoE devrait poursuivre son numéro d’équilibriste tout au long de 2017, voire de 2018, certains ne prévoyant pas de hausse de taux avant la conclusion des négociations sur le Brexit dans deux ans.

Une voix devrait tout de même encore se prononcer pour une hausse de taux : celle de Kristin Forbes, membre externe du CPM qui a appelé lors des deux dernières réunions monétaires à une hausse de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) et pourrait réitérer son vote pour sa dernière apparition avant la fin de son mandat.

Comme en mai, le CPM sera constitué de huit membres, le neuvième siège restant vacant après la démission de Charlotte Hogg fin avril.

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